jeudi, décembre 29, 2005

Fantasmes, fantômes et autres monstruosités communes

Aujourd'hui, mes amis, aventurons nos pas imprudents sur les terres obscures et brumeuses du paranormal et de l'inexpliqué ! Encore une fois, l'idée de ce post me fut suggérée, de façon excessivement mystérieuse, par une série de coïncidences étranges ... et cela devient si courant depuis le début de ce blog que je ne le signalerai même plus !

Comme je prenais mon petit déjeuner chez mes parents, mon père m'annonça que la veille, l'Airbus A380 avait survolé de fort bas sa voiture. Cela venait juste de m'arriver - c'est un avion énorme ! Or la nuit précédente, j'avais fait le rêve d'un immense aéroplane traçant des loopings dans le ciel. Je m'étais demandé si j'étais en train de rêver. Je regardai autour de moi et le décor - le jardin d'un voisin - était parfaitement réel. Il me semblait impossible que ce fut un songe. Pourtant, afin de vérifier, je tentai de voler. J'y parvenais sans effort. Mais persuadé que cela advenait très communément dans la vie de tous les jours, je concluais que j'étais tout à fait éveillé.

Comme d'habitude, ce type de rêves pose un certain nombre de questions troublantes. Pourquoi certaines croyances sont fausses en rêve ? Pour moi, la différence entre le rêve et la réalité était que dans le premier état, il était facile de voler ; et dans le second, plus malaisé mais néanmoins faisable. Pourquoi mon raisonnement était-il biaisé à ce point ? Malgré ces prémisses et me trouvant en train de léviter, j'en arrivai cependant à la conclusion que je ne rêvais pas. Comment est-il possible d'avoir de faux souvenirs ? Je me rappelais avoir déjà volé pour de vrai. Je ne retiendrai toutefois que cette dernière question : pourquoi est-il si difficile de se rendre compte que nous sommes en train de rêver ?

La chose étrange, c'est que lorsque la conscience est peu claire, les détails les plus saugrenus ne nous font pas sursauter. En contrepartie, lorsqu'elle s'apparente à celle de l'état de veille, comme parallèlement, le décor se fait beaucoup plus cohérent. Ainsi il semble que le niveau de réalisme s'adapte à celui de la conscience, de sorte que nous aboutissions toujours à la même conclusion : je ne rêve pas.

Cet obstacle à se rendre compte de l'irréalité de l'environnement m'inspire une idée plus fantastique : et si nous étions morts ? et si nous étions des fantômes et que nous ne le sachions pas ? Mais cette hypothèse machiavélique n'est pas originale : elle a fait l'objet d'un roman de Philip K. Dick et d'au moins deux films récents.

A lire absolument : ne ratez pas la Véritable Histoire de la Pauvre Perruche Courageuse (en deux parties) sur le blog BD de Lisa Mandel. C'est affreux, mais tellement drôle !

mercredi, décembre 28, 2005

Le rêve lucide



Un petit article auquel je pourrai faire référence plus tard au besoin.

Toutes les nuits, nous rêvons. Et si certains soutiennent qu'eux ne rêvent jamais, en vérité ils perdent trace de leurs songes au réveil. Nous pouvons déjà nous étonner de ce curieux paradoxe, qu'une partie de notre vie nous soit inaccessible au présent puisque se souvenir implique un événement fini. Ainsi Freud, à la suite d'Alfred Maury, put-il croire que la narration du rêve s'élaborait au sortir du sommeil, d'après les impressions confuses qu'éprouvait le dormeur.

Or cette hypothèse est contredite par l'expérience du "rêve lucide", un rêve où l'on est conscient de rêver. Le rêveur s'aperçoit soudain que son environnement, malgré qu'il soit si réaliste, si vif, si coloré, n'est rien de plus qu'un songe. Non seulement il est libre de décider de ses actions mais il peut explorer de nouveaux mondes desquels sa propre imagination est, théoriquement, la seule limite.

La faculté d'être conscient à l'intérieur du rêve et de se savoir rêver, bien que connue depuis la nuit des temps comme le montrent certains passages d'Aristote, de Saint Augustin, de Descartes ou de Nietzsche, a été admise scientifiquement avec quelque retard dans les années 1980. Des chercheurs des Universités de Stanford en Californie et de Liverpool en Angleterre, de l'Hôpital du Sacré-Coeur au Québec vérifièrent qu'il était possible d'effectuer volontairement une série de mouvements oculaires durant le sommeil paradoxal. Ils montrèrent également que la prise de conscience de rêver pouvait faire l'objet d'un apprentissage. Vers 1990 seulement ces données furent tenues pour valable par le milieu scientifique français ; et encore fallut-il qu'un tel rêve s'impose à notre spécialiste du sommeil, le Pr Michel Jouvet, sans qu'il s'y attende !

Plus d’infos sur le rêve lucide ?
L'art de diriger ses rêves, par le Pr. LaBerge. Article du hors série Science et Avenir de Déc. 96
Articles sur le rêve lucide
Journaux de rêve lucide
Le site du Lucidity Institute du Pr LaBerge (en anglais)
Site et forum Dreamviews (en anglais)
Site et forum LD4all (en anglais)

Illustration : Le Rêve par Puvis de Chavannes

mardi, décembre 27, 2005

Le Père Fouettard




Je n'ai pas été sage cette année et j'en ai été bien puni. Le Père Noël ne m'a pas apporté de cadeaux et j'ai reçu hier un mail du Père Fouettard, me confirmant que le forum de rêves lucides avait été détruit.

J'ai trouvé cette réponse assez drôle et je la publie :


Cher Freenaute,
Le site reveslucides est détruit, ce n'est pas une panne du serveur.
Germain vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année avec Free.fr.

Le Père Fouettard s'appelle Germain Free.

Forum Oniris : A l'intention des membres du forum Oniris, Steb a ouvert sur son site Rêver Tout Haut un sujet de discussion à propos de la reprise du forum. J'invite toutes les personnes intéressées à venir émettre leur avis.

Image en encart : Le Père Fouettard, lithographie de Paul Balluriau

lundi, décembre 26, 2005

Joyeux Noël sous vidéosurveillance !

La France vient de passer son premier Noël sous le régime du couvre-feu. Je viens de lire l'article du 24 Décembre sur le site du Syndicat de la Magistrature et je constate que je ne suis pas le seul à penser ainsi : l'état d'urgence « a pour seul effet, sinon pour seul objet, d´habituer la population française à vivre sous un régime durable de graves restrictions des libertés publiques ».

Aujourd'hui, je crois qu'il n'est même plus question de se demander si le gouvernement de Messieurs Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, Dominique Galouzeau de Villepin, Gilles de Robien et Renaud Donnedieu de Vabres - accessoirement présidé par le mari de Bernadette Chodron de Courcel - si ce gouvernement a pour réelle ambition de maintenir une démocratie en France. Pas une semaine ne se passe sans que ne soit proposée ou votée une loi à faire dresser les cheveux sur la tête. Le 22 décembre a été définitivement ratifié - sous le prétexte d'antiterrorisme - un nouveau texte tout à fait inquiétant.

Pourtant la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) avait porté un avis très sèvère sur ce projet. En particulier, elle dénonçait les mesures permettant de rendre les forces de l'ordre « destinataires des enregistrements dans le cadre de mission de police administrative, hors de tout contrôle de l’autorité judiciaire » ; leur facilitant l'accès aux listes de réservation des agences de voyages et au nom des passagers ; d’étendre « les dispositifs fixes et mobiles de contrôle automatisé des données signalétiques des véhicules » - d’ordinaire réservés au pistage de voitures volées, cela consisterait à soumettre, selon la CNIL, « à une surveillance automatique l’ensemble des déplacements des personnes utilisant le réseau routier » ; ou obligeant les cybercafés à conserver les noms et sites de connexion du public. La CNIL observait que le projet s’appuyait sur « l’exploitation systématique de fichiers et d’enregistrements d’images susceptibles de concerner la totalité de la population et appelés à conserver des traces visuelles ou informatiques des actes de la vie quotidienne, des habitudes de la vie et de comportements ».

Mais ce gouvernement se soucie-t-il des libertés ?

La chose la plus affligeante est la passivité totale - il me semble même qu'on puisse parler d'adhésion - de la population... et de l'opposition ! à l'instauration progressive d'un état policier en France. Elle pourrait paraître extraordinaire si l'on n'avait déjà évoqué le problème dans ces deux articles (1) (2).

En Novembre, lors de la présentation du projet de loi à l'Assemblée nationale, l'Agence France Presse avait relevé : « Fait rare dans l'hémicycle, les débats se sont déroulés de manière consensuelle entre le gouvernement, la majorité et le PS, M. Sarkozy n'hésitant pas d'ailleurs à saluer le "sens de la responsabilité" des socialistes, tandis que l'ancien ministre PS de l'intérieur Daniel Vaillant appelait les responsables politiques à s'abstenir de toute polémique. »

Le Figaro remarquait que les députés examinaient le projet de loi Sarkozy dans un climat « étonnamment peu conflictuel » . « Les élus socialistes envisageaient hier de voter le texte du gouvernement, au grand dam du barreau et de plusieurs associations de défense des droits de l'homme. »

Faut-il le préciser, la Ligue des Droits de l'Homme, le Syndicat de la Magistrature et l'Ordre des Avocats de France ont qualifié cette loi de liberticide.

samedi, décembre 24, 2005

Le petit soldat et l'oiseau bleu

Depuis quelques nuits, je fais de très beaux rêves. Voici un ce ceux dont je me suis rappelé au matin :

La malédiction avait frappé le royaume. Au sommet du Mont Chauve résidait désormais le Mal. C'était encore imprécis, insidieux, mais le Roi avait instamment demandé à tout homme sachant combattre de s'opposer au fléau. Le petit soldat, qui avait écouté cet appel, était de suite parti dans la nuit sur le chemin froid et caillouteux.

Au petit matin, la cohue des courtisans espérant se bien faire voir du Roi s'était empressée vers la montagne. C'était à qui passerait devant l'autre. On voyait leur foule empanachée d'atours et de plumeaux encombrants, en carrosse, en chaise à porteurs ou même à pied, courant, trébuchant sur la route dans leurs pantoufles dorées à pompon ; quel curieux équipage !

Sur eux, le petit soldat avait bien de l'avance. Quand le soleil se leva, il était déjà aux abords de la falaise. C'est là, un peu avant l'endroit où deux routes se croisent, qu'il vit l'étrange chose : un oiseau bleu. Qu'il était minuscule, cet oiseau bleu ! Il pépiait en voletant autour de la tête du jeune soldat - presqu'un adolescent alors - qui s'arrêta un instant pour contempler le prodige. L'oiseau bleu se posa sur sa main et sembla lui parler. Et le petit soldat écouta.

La chance était certes avec lui. Car sur le chemin - juste à l'endroit où deux routes se croisent - la méchante reine avait posté un spadassin, froidement engoncé dans son manteau brun, le visage caché par un chapeau de cuir, haut et raide sur son cheval et armé d'une lance. Sur ses ordres, il attendait le soldat - ce serait le premier venu, lui avait-on dit - pour le tuer. Mais alors que le soldat prêtait l'oreille au pépiement poétique de l'oiseau, un fier mousquetaire, assurément l'homme le plus valeureux du royaume, le dépassa. Comme ils échangeaient un salut bref, le soldat se voyant en retard lui emboîta le pas. L'oiseau bleu était toujours sur sa main. Hélas ! Le jeune homme assista impuissant au meurtre de son compagnon de route ; puis le spadassin, son crime accompli, s'enfuit au galop. Le soldat courut s'agenouiller auprès du pauvre mousquetaire. C'était trop tard : il était mort à sa place.

Plus loin, juste au pied du Mont Chauve, se dressait une maisonnette abandonnée. Le petit soldat, qui avait entendu les conseils de l'oiseau merveilleux, s'y arrêta et attendit ; et l'oiseau, qui s'était changé en une jeune femme, attendit auprès de lui. Ils virent les troupes envoyées par de puissants rois monter à l'assaut de la haute colline. Mais l'oiseau bleu avait prévenu le jeune homme. Tu n'iras pas avant trois jours : à la première nuit, un cri horrible s'entendra au sommet du dôme et se répandant comme un brouillard à travers bois glacera les corps des hommes ; à la seconde, un feu invisible s'allumera et embrasera leur coeur ; et à la troisième, le Diable en personne apparaîtra et emportera leurs âmes perdues. Aussi le petit soldat et son amie s'assirent paisiblement sur le perron de la maisonnette. Ils voyaient défiler, dans un ordre parfait, les bataillons vers leur perte inexorable.

Il était juste midi lorsqu'une escouade, redescendue de la montagne, s'arrêta devant eux. Les généraux avaient estimé qu'elle était inutile puisqu'assez de forces étaient réunies au sommet. Inconscient du péril auquel il avait échappé, le capitaine se présenta au soldat et à son amie. Les prenant pour deux paysans, il réquisitionnait la maisonnette pour le couchage : il croyait qu'elle était à eux !

Tous trois entrèrent et visitèrent la maison abandonnée. Dans les diverses chambres, on comptait douze lits d'enfant...

J'ai remarqué que les rêves ne se concluent jamais. La situation de départ est parfois présente, mais jamais la fin. De même, dans les rêves lucides, il arrive souvent que l'on se réveille juste au moment où une révélation devait être apportée.

jeudi, décembre 22, 2005

Hommage au Pr Cocnescu

Je me demande pourquoi mon collègue et ami le Professeur Ramir Ambrosius Cocnescu ne s'est pas encore vu proposer une chaire au Collège de Pataphysique. En tant qu'inventeur de la sémantique spectrale - cette discipline admirable qui permet de transformer un chapitre de Descartes en roman pornographique - et de l'idéobalistique - la science qui prédit où et quand retombera une idée lancée à une vitesse v avec un angle a - certes il méritait depuis longtemps cette insigne distinction.

Au début des années 1990, à titre d'expérimentation indépendante de sa théorie, il propulsa dans les sphères de la pensée l'idée selon laquelle notre société pouvait se définir en terme de « féodalisme d'entreprise ». A l'époque, le manque de moyens mais aussi - il faut l'avouer - quelques menues erreurs de calcul, ne lui permirent malheureusement pas de localiser le point d'impact du projectile. Pourtant aujourd'hui on constatera aisément grâce à Internet que l'expression se retrouve mot pour mot dans un ouvrage publié en 2000 par l'économiste Michel Volle, dans un discours du politologue américain Ted Lowi, ancien président de l'Association Internationale de Science Politique, et sur de nombreux sites tout autour du monde.

Hélas ! Maints contradicteurs ne manqueront d'objecter qu'une idée n'a pas de point de départ et qu'on ne peut donc s'en prétendre l'auteur - ils se réfèreront pour cela à l'invention quasi-simultanée du phonographe par Thomas Edison et Charles Cros de part et d'autre de l'Atlantique ; que les pensées se transmettent d'ailleurs plutôt à la manière de la lumière, puisque l'on parle bien d'idées lumineuses, et qu'elles peuvent même interférer entre elles. On reconnaît là la fameuse dispute à propos des photons - sont-ils des corpuscules ou des ondes ? Qu'à cela ne tienne, ces esprits chagrins en resteront pour leurs frais. Car le Professeur Cocnescu, génie universel, a aussi inventé l'idéique ondulatoire !

Photographie : le Professeur Ramir Ambrosius Cocnescu dans son laboratoire secret de la mine abandonnée de Vulcan, Roumanie.

mercredi, décembre 21, 2005

Oniris, c'est fini...

Je ne comptais pas m'étendre sur mes états d'âme sur ce blog. Ce sera donc une petite exception. J'ai le moral au dernier sous-sol et la raison principale, je crois, c'est que je n'ai pas envie de recréer de forum sur les rêves lucides. Déjà, je me sentais lassé de mon boulot de modérateur sur LD4all et j'aurais sans doute posé ma démission si trois membres de l'équipe de modération n'étaient pas partis le mois dernier.


Je sais que je vais passer - et à juste raison - pour un lâcheur et que je vais faire de la peine à des personnes que j'aimais bien. Je n'ai pas d'excuses. Cette décision me rend malade et je vois tout en noir. J'ai passé aujourd'hui 36 heures d'affilée dans mon lit sans manger - et j'y retourne.


Je tiens à remercier Flo pour sa proposition d'héberger le nouveau forum. J'aurais aussi aimé avoir l'occasion de dire à mes amis sur le forum, Aerynsun, Lyrtana, Steb, Mickael, Manny, Akahad, None, j'en oublie, que j'ai passé de très bons moments avec eux. Il y a toujours la possibilité de monter une soirée d'adieu sur le channel du forum, d'ailleurs. Vu qu'il n'est pas lié à Free, il fonctionne toujours.