jeudi, mai 11, 2006

La fin du monde est proche !

Le prophète Philippus, L'Etoile MystérieuseSi l'on considère que la mémoire de l'humanité se résout en celles des individus qui la composent, assurément elle ne dépasse pas les dix ans. Dans ces conditions d'amnésie générale, l'instauration d'un nouveau pouvoir totalitaire, l'explosion d'une autre guerre mondiale, l'horreur d'un prochain génocide, non seulement sont inévitables, mais encore seront accueillies avec joie.

Souvent, quand je rends visite à mes parents, j'apprends les dernières nouvelles de la fin du monde. Effet de serre, astéroïdes, ères glaciaires, supervolcans : la tendance est à l'écologie ; et bien sûr l'intérêt subit porté ces précédentes années aux dinosaures et leur extinction n'est que la projection de cette terreur - la fin de l'espèce humaine.

Cela m'a fait songer à la peur qui fondait l'immense et industrieux empire des Aztèques ; et il m'est soudain venu à l'esprit que, depuis tout petit, je n'avais jamais cessé d'entendre prophétiser que la fin du monde était proche... A partir des années 90, on envisagea une catastrophe naturelle à l'échelle planétaire. Mais antérieurement, avant la chute du mur de Berlin, les affres d'une guerre nucléaire régnaient depuis quarante ans : on s'inquiétait de savoir qui des Etats-Unis ou de l'URSS mettrait le feu aux poudres ; on s'alarmait de ce qu'à tel sommet, les chefs d'état n'étaient pas parvenu à s'entendre ; on s'affolait car un sous-marin russe avait été détecté près des côtes américaines ; on s'effrayait d'une nouvelle rangée de missiles implantée aux frontières de la RDA ; et d'autres calamités qui présumaient d'un imminent désastre...

Or, bien que le danger d'une seconde guerre nucléaire soit loin d'être écarté, cet épouvantail n'est plus à la mode. On ne s'en soucie plus. Plus extraordinaire encore, lorsque j'évoquais cette période de psychose à mes parents, ils ne s'en souvenaient pas. Je leur demandai pourquoi Kubrick avait réalisé Docteur Folamour ? Pourquoi les punks hurlaient "No future" ? Ma foi, ils n'en savaient rien. J'étais idiot, j'avais tendance à tout exagérer, nul n'avait jamais éprouvé de tels sentiments. Par contre, l'effet de serre avait vraiment de quoi préoccuper...

En bref, à l'exception de quelques rares individus dont c'est justement le boulot de classer les archives, "nous avons maintenant oublié ce climat de malaise. [...] Le spectre de l’atomisation du monde, comme on disait alors, a étrangement disparu en quelques mois" (Médiévizmes).

Une épouvante en chasse une autre. En revanche, il demeure un dénominateur commun, c'est que, tout le temps, tout le monde, sans jamais oser s'avouer pourquoi, se chie dans le froc.

6 commentaires:

flo a dit…

Je vois que tu progresses dans ta réflexion. Tu t'es mis à pratiquer ou quoi ?

David a dit…

LA FIN DU MONDE !

*dong*

*dong*

Dado a dit…

@ Flo : Non, je ne me suis pas mis à pratiquer. J'ai du simplement oublier qu'il y avait des lecteurs.

Je ne pense pas avoir progressé dans ma réflexion - en tous cas pas sur ce point. C'est exactement la même idée qui supporte les articles sur les Aztèques et les Babyloniens : toute organisation sociale est fondée sur une paranoïa dont l'idée pivot est la peur de la mort.

@ David: Mon ami le prophète Philippus me demande de transmettre à toi et par la même occasion à l'humanité entière ce message super important: "C'est ça, risez, risez, vous voirrez bien quand la fin du monde va viendre ! Dong ! Dong !". :p

lds a dit…

"Je ne pense pas avoir progressé dans ma réflexion - en tous cas pas sur ce point. C'est exactement la même idée qui supporte les articles sur les Aztèques et les Babyloniens : toute organisation sociale est fondée sur une paranoïa dont l'idée pivot est la peur de la mort."
Pourrais tu développer, je crains de ne pas saisir ton raisonnement.

Dado a dit…

Bonjour lds,

Soit je développerai ça dans un futur article, soit je te répondrai ici. Je ne me suis pas encore décidé.

Philippus a dit…

http://www.philippus-philippe.com