jeudi, septembre 21, 2006

Plages sous la pluie

Avec un titre aussi nostalgique, je suis sûr que vous vous attendez à une belle histoire à faire pleurer dans les chaumières. Quelle déception en vous apercevant que le sujet de cet article sera une métaphore ardue du fonctionnement du cerveau ! Aussi pour me faire pardonner, je vais vous raconter d'abord une histoire bien triste et comme ça vous serez contents.

Il était une fois un prince Dado très amoureux d'une jeune princesse nommée Nadia. Et chose extraordinaire, la jeune princesse était aussi très amoureuse du prince. Mais hélas ! le destin, toujours cruel envers les amants, envoya Dado en mission dans le royaume lointain et barbare de Montpellier. Sa mission, qui devait durer un long mois, se prolongea deux mois puis trois.

Tous deux se languissaient de ne se voir qu'un jour par semaine. Et c'est là que les choses se corsèrent car une vilaine fée suggéra à Nadia d'accompagner Dado sur les lieux de son travail. Dado se doutait bien que son amie s'ennuierait à mourir en l'attendant toute la journée depuis sa haute tour vide. Mais rien ne fit : il lui fut impossible de l'en persuader.

Or la vilaine fée avait plus d'un tour dans son sac. Durant toute la semaine que Nadia passa avec Dado, la fée fit pleuvoir sur Montpellier à verse - alors qu'il n'avait pas plu la moindre petite goutte les trois mois précédents ! Dado prêta bien son parapluie à sa bonne amie mais il la retrouvait chaque soir la mine de plus en plus longue. Autant dire que ce séjour n'eut rien d'un voyage de noces... C'est alors que, le samedi, juste avant de partir, quelques timides éclaircies se mirent à entrouvrir le ciel.

Dado, qui depuis trois mois commençait à connaître la région, proposa une ballade romantique à sa compagne. Quoi de plus beau que de marcher seuls - seuls : on était au printemps et, je vous le rappelle, il avait plu comme vache qui pisse les jours derniers. Quoi de plus beau, disais-je donc, que de marcher seuls, seuls au long de la plage blanche de Maguelone et de découvrir au loin les ruines de la vieille cathédrale, au milieu des cyprès que survolent les échassiers sauvages, là bas, là bas, tout au bord de la mer ? (1)

Nadia fut enchantée de l'idée. Mais à peine avaient-ils posé le pied sur la plage solitaire que nos deux amoureux virent, tous piteux, de gros nuages noirs se traîner de nouveau au dessus de leurs têtes. Et il se remit à pleuvoir ! Dado, qui était très prévoyant, sortit triomphalement le parapluie de son coffre magique : il croyait que les tours de la vilaine fée avaient été déjoués. Vaine présomption... Au moment même où il ouvrit le parapluie, le tonnerre se mit à gronder. Hésitant à finir leurs jours romanesquement foudroyés sur la plage, les amants firent demi-tour tout penauds.

Et pourtant d'une certaine manière, ils ne parvinrent pas à esquiver la foudre : quelques semaines plus tard, leur couple était séparé. Pardonnez-moi si j'essuie encore une petite larme en racontant cette histoire... (2)

Mais me direz-vous, qu'arriva-t-il par la suite à nos amants ? Dado resta le roi du Mélodrame et Nadia la reine de la Tragédie bien que tous deux vécurent dans des pays fort éloignés. Dado resta célibataire et Nadia fit un beau mariage. Elle a sans doute aujourd'hui beaucoup de petits mélodramaillons.

Et voilà, l'histoire est finie ! Avec tout ça, je n'ai plus envie de vous parler de ma métaphore neurobiologique. Je vous la raconterai un autre jour.

(1) Bon, je passe sur le fait que la cathédrale de Maguelone est juste à coté de Palavas-Les-Flots. Cependant c'est vrai, il y a une plage blanche, des échassiers sauvages, etc.
(2) Meuh non ! Pour la petite larme, je vous fait marcher. P... mais c'est pas vrai, vous gobez tout !

6 commentaires:

David a dit…

AHAHAH !!

Excellent !

A propos, as-tu revu la vilaine fée ? Moi ça fait longtemps que je ne l'ai pas revue. :D

laeti a dit…

SNIF...

J'adore les contes de fées..

l'écrivaillonnne a dit…

Allez, va, ne regrette rien.. Un fille incapable d'apprécier le côté terriblement romantique d'une promenade sous la flotte, elle n'est bonne qu'à épouser Titeuf...

Dado a dit…

@ David: la méchante fée de mon histoire est purement virtuelle. Ce n'est pas celle à laquelle tu penses. ;)

@ laeti: hé hé, je me doutais que mon histoire aurait du succès auprès de la gent féminine. :)

@ l'écrivaillonnne: non... rrrien de rieeen, non... je ne regreeette rrrieeeen.... :p

julie70 a dit…

j'aime ce que tu racontes et comment tu le dis, dommage qu'il n'y eu des grands manteaux de pluie ou assez chaud pour marcher dansla pluie main à main, mais je crois que ce n'est pas le mauvais temps qui sépara le couple

je me souviens avec une amie (pas en couple donc) une pluie soudain d'été à Charleston: sans parapluie et loin de notre voiture, nous avons finalement décidé de ne pas nous abriter (commbien cela peut durer?) mais chanter dans la pluie au milieu de la rue.

Une souvenir fantastque

Nous sommes revenues, trempés jusqu'au souvetements et changées sans aucune regret pour nos actes.

J'espère que le prince trouvera aussi des expériences ressemblants

Dado a dit…

>> Julie70: mais je crois que ce n'est pas le mauvais temps qui sépara le couple.

Comme d'habitude, Julie, c'est très bien vu. L'acuité de ton oeil photographique semble aller de pair avec celle de ton oeil psychologique. ;)

J'ai transformé ce souvenir nostalgique en symbole de la séparation, mais les raisons ne sont bien sûr pas dans cette promenade ratée.